Ce Chabbat, nous commençons la lecture du cinquième livre de la Torah avec la paracha Devarim .
Le Talmud, dans le traité Méguila, enseigne que ce cinquième livre a été rédigé par Moshe Rabbénou lui-même. Cela se reflète dès le premier verset de notre paracha « Voici les paroles que Moïse adressa à tout Israël ». Contrairement aux autres livres de la Torah, ce livre ne commence pas par la formule habituelle : « Voici les paroles que D. dit à Moïse ».
Pour rappel, dans les quatre premiers livres de la Torah, Moïse reçoit et retranscrit fidèlement chaque mot que D. lui dicte, sans y ajouter ni en retrancher quoi que ce soit.
Il est même formellement interdit de penser que Moïse aurait pu écrire une seule lettre de sa propre initiative, sans l’autorisation explicite d’Hachem. Comment expliquer alors que dans ce cinquième livre, Moïse parle avec ses propres mots ?
Dans ce dernier livre , Moshé choisit ses mots avec soin afin qu’ils résonnent avec la sensibilité de chacun.
Ce choix était d’autant plus crucial que les enfants d’Israël s’apprêtaient à entrer en Terre d’Israël et à quitter un mode de vie guidé par des miracles constants depuis l’Égypte. Ils allaient devoir vivre désormais une existence plus ancrée dans la nature, où la présence divine ne se manifeste plus de manière évidente, mais doit être recherchée au cœur du quotidien. Pour les aider à franchir cette étape décisive, Moshé devait leur transmettre des enseignements fondamentaux, accessibles à tous.
Il a donc adopté une parole plus claire, façonnée par sa propre compréhension, afin que chacun puisse pleinement intégrer les messages nécessaires à cette nouvelle réalité. La morale que nous pouvons en tirer est que la relation avec D. demande une implication personnelle, un effort de compréhension et d’adaptation à chaque étape de notre chemin. Chacun doit apprendre à entendre et à vivre la parole divine à sa mesure, en trouvant du sens dans sa propre expérience .
Chabbat Chalom ! Ethan OIKNINE