« Ce soir, tous ensemble, nous disons non au terrorisme. Nous condamnons sans ambiguïté le massacre perpétré par des monstres sanguinaires. » Au micro, sur les marches de la synagogue de Bayonne, Déborah Loupien-Suarès exprime l’effarement, la peur et le désarroi de la communauté juive de la côte basque après l’attaque perpétrée, samedi 7 octobre, par le Hamas et le Jihad islamique contre Israël, qui a fait plus de 1 200 morts dans les deux camps, selon les chiffres officiels provisoires, dont plusieurs Français. Ce lundi soir, autour de la présidente du consistoire israélite de Bayonne/Biarritz, près de 200 personnes se sont rassemblées dans la petite cour du lieu de culte, à deux pas de la gare.
« Je viens parce que c’est un cauchemar »
Parmi elles, le sous-préfet de Bayonne, le maire de la commune et président de l’agglomération pays basque, ceux des villes d’Anglet et Biarritz, la députée de la 5e circonscription des Pyrénées-Atlantiques et de nombreux élus de tous bords. Mais aussi des anonymes, beaucoup de membres de la communauté juive, mais aussi des personnes venues leur apporter leur soutien et dénoncer la « barbarie ». « Nous pleurons devant l’ampleur du massacre perpétré », affirme Déborah Loupien-Suarès.
« Je suis extrêmement choqué, témoigne Isabelle une Bayonnaise qui s’est mêlée à l’assistance. Je ne suis pas juive, pas religieuse. Je viens parce que c’est un cauchemar. » Elle est venue apporter son soutien aux victimes et à la communauté, car elle estime que les actes perpétrés par le Hamas sont des crimes trop graves. « Même si notre présence est toute petite, c’est symbolique de la chaîne humaine. »

« On a tous de la famille là-bas »
Claude qui vient d’ôter sa kippa, apprécie cette solidarité : « c’est très important aussi de voir qu’il y a des maires qui se mobilisent. Ça me fait chaud au cœur », affirme le retraité qui a de la famille en Israël et s’inquiète pour ses proches. « Je suis constamment sur un téléviseur en train de regarder les actualités. C’est très important pour moi d’être venu ici pour marquer ce jour de deuil. »
Jeannot, franco-israélien, a lui aussi des proches en Israël et il est préoccupé : « ça m’inquiète parce qu’on ne sait pas la tournure que vont prendre les choses. C’est très inquiétant ». Un peu plus loin, Nadine, la gorge nouée, renchérit : « on a tous de la famille là-bas et ils sont tous nos enfants. On a des nouvelles. À Jérusalem, ça va. Mais les soldats, on ne peut pas savoir. On espère au moins que le nombre [de victimes] n’augmente pas… et ramener les otages. »
« Jamais le terrorisme ne nous fera fermer nos synagogues »
Quelques mètres plus loin, devant les grilles de la synagogue et le bas de la rue Maubec, à deux pas de la gare de Bayonne, des policiers en faction veillent. La surveillance autour des lieux de cultes et des sites sensibles a été renforcée depuis le week-end sur ordre du ministère de l’Intérieur. « C’est dommage de devoir en arriver là parce que nous sommes une communauté extrêmement bien intégrée en France, extrêmement républicaine », regrette Déborah Loupien-Suarès. Et l’avocate de poursuivre son plaidoyer : « jamais le terrorisme ne nous fera céder, jamais le terrorisme ne nous fera fermer nos synagogues et jamais nous ne ferons d’amalgame. »